
Faire un jardin éco-responsable
Guide écrit le 22 juin 2026 par:
Sébastien, Responsable des contenus
Le b.a.-ba d’un bon jardinier
L’expression “être un bon jardinier” frôle le pléonasme car rares sont les mauvais jardiniers. Quelques mauvaises pratiques subsistent toutefois, mais le plus souvent, elles sont reproduites par méconnaissance. Le jardinage, comme toute discipline, a évolué, et les savoirs se sont enrichis au fil des années.
Ce guide n'est pas une encyclopédie du jardinage cependant, il vous propose un aperçu des meilleures pratiques pour faire un jardin plus respectueux de l’environnement et en équilibre avec les écosystèmes et la biodiversité. Vous y découvrirez les principes de la permaculture, comment préparer le lit de semence et comment cultiver vos légumes sans appauvrir le sol, ainsi que des recettes de fertilisants naturels et des astuces pour économiser l'eau au potager et stocker vos récoltes.
S’inspirer des meilleures pratiques de la permaculture
Principes de la permaculture
La permaculture se traduit par trois principes fondateurs : prendre soin des humains, prendre soin de la terre, partager équitablement les ressources. Pour le jardin, le concept repose principalement sur l’observation des écosystèmes, des cycles naturels et s’inspire du fonctionnement des vivants pour concevoir une agriculture durable dans le respect de la nature et de l’Homme.
La permaculture, c’est aussi penser au recyclage de l’existant, et toujours choisir entre deux solutions la moins dommageable pour l’environnement.
Tirer le meilleur parti du terrain
Faire le jardin ne s’improvise pas, et si c’est votre première année, vous devrez d’abord observer le terrain et découvrir son potentiel afin d’en tirer le meilleur parti conformément aux meilleures pratiques. Concrètement, cela se traduit par :
Considérer la topographie, l’exposition au vent, l'ensoleillement et les zones d’ombre, de froid…
Repérer dans l’environnement immédiat la présence d’eau : fossé, mare, ruisseau, fontaine, puits…
Identifier la végétation en place pour connaître la nature du sol. Procédez au test du toucher, de sédimentation, voire du boudin comme explicité dans l’article Comment reconnaître le type d’un sol.
Un milieu sain regorge d’oiseaux, d’insectes et de petits mammifères comme des hérissons, des musaraignes, des écureuils…
Préparer le lit de semence
Préparer le sol d’un potager se résume à trois opérations essentielles qui sont le désherbage, le labour et l’amendement.
Le premier désherbage de l’année
Dès le début du printemps, les adventices, ou mauvaises herbes, commencent à pousser avec vigueur. Pour les arracher, l’unique manière efficace et respectueuse de l’environnement est la méthode manuelle, soit d’utiliser une binette, une houe ou pour les plus courageux, de les arracher à la main.
Labourer la terre
Le labour est essentiel pour aérer la terre et l’ameublir. Pour ce faire, utilisez la grelinette, appelée également biofourche, biogrif ou encore fourche aératrice, qui permet de décompacter la terre sans la retourner ce qui préserve l’organisation des micro-organismes vivants dans le sol. Ensuite, cassez les mottes avec un croc et terminez en ratissant pour émietter plus finement et niveler la surface du sol.
Grelinette
Fertiliser le sol
S’il n’a pas été réalisé à l’automne, l’amendement se réalise au printemps, en fin de labour, juste avant de casser les mottes. Vous pouvez apporter du compost sur une dizaine de centimètres, ou du fumier de cheval voire du terreau. Des engrais naturels peuvent aussi être incorporés à la terre, et ce selon les besoins du sol et des futurs végétaux.
Évitez les motoculteurs et les motobineuses pour les jardins de petite surface. Leur utilisation bouleverse les couches du sol, l’organisation des micro-organismes, et tue beaucoup de vers de terre.
Engrais biologique
Semer et planter les premiers fruits et légumes
L’association des légumes
Bien associer les légumes du potager, c’est favoriser l’entraide entre les végétaux et gagner de la place dans le jardin. Le saviez-vous ? Certaines plantes attirent les nuisibles et protègent les légumes plantés à côté. La Morelle noire (Solanum nigrum), plantée à proximité des pommes de terre, attire les doryphores et tue leurs larves. Les œillets d’Inde protègent les tomates des pucerons, nématodes et aleurodes. Le souci éloigne les mouches blanches, la bourrache les limaces et les chenilles alors que l’Achillée Millefeuille attire les papillons et les coccinelles.
La rotation des cultures
Alterner les légumes du jardin d’une année sur l’autre permet de rompre le cycle de développement des rongeurs et des maladies, et de mieux nourrir les végétaux car les plantes ont des besoins différents en éléments nutritifs. La rotation des cultures permet de lutter contre l’appauvrissement de la terre.
Si vous cultivez une même espèce sur une même parcelle pendant plusieurs années, cette dernière prélèvera toujours les mêmes nutriments et appauvrira le sol.
Les auxiliaires naturels du jardin
Tous les insectes ne sont pas nocifs pour le jardin, bien au contraire. Inutile de préciser l’importance des pollinisateurs, mais saviez-vous que d’autres animaux et insectes sont utiles au potager ? Les oiseaux se nourrissent de larves, chenilles et pucerons. Le hérisson est gourmand d’escargots et de limaces. Les vers de terre aèrent la terre, les coccinelles dévorent les pucerons à l’instar du syrphe.
Pour attirer les auxiliaires naturels, laissez des zones sauvages dans le jardin, bannissez l’usage de produits phytosanitaires, créez des abris comme des nichoirs, des hôtels à insectes, un tas de pierre, du bois mort… et laissez à disposition de la nourriture.
Hôtel à insectes
La semence et les plants
Préférez les graines bio aux graines hybrides F1 et graines conventionnelles. Issues d’une agriculture biologique, les graines AB sont exemptes de produits phytosanitaires contrairement aux graines conventionnelles qui peuvent avoir subi des traitements. Quant aux graines hybrides, certe elles sont faciles à produire et résistantes aux maladies, mais elles ne sont pas reproductibles ce qui crée une dépendance directe avec les semenciers. Concernant les plants, idem, préférez-les issus de l’agriculture biologique.
Les graines bio sont reproductibles et gardent leurs caractéristiques d’une génération à l’autre contrairement aux graines hybrides.
Graines de potager
Faire du compost et du purin
Composter ses déchets
Faire du compost s’inscrit dans une dynamique de développement durable car le compost est un fertilisant naturel produit à partir de déchets ménagers, de déchets végétaux et organiques. Généralement, il se fait dans un composteur ou silo mais il peut aussi être réalisé en tas, à même le sol, ou en surface en déposant les déchets directement sur le sol du potager en automne.
Composteur
Faire du lombricompost
Le lombricompost est une variante de compost auquel l’on apporte des vers de terreau. Particulièrement riche en microorganismes, il se répand sur le sol sur une épaisseur de quelques millimètres. Le lombrithé, ou thé des vers, est un jus concentré en éléments nutritifs qui se récolte au plus bas étage du lombricomposteur. Il s’utilise en dilution avec de l’eau pour l’arrosage des légumes.
Lombricomposteur
Faire du purin d’ortie
Le purin d’ortie est obtenu par la macération d’orties. Utilisé au potager, il stimule la croissance des plantes, améliore leur système de défense, agit comme fongicide et comme répulsif contre les insectes et parasites. Il s’utilise en dilution en arrosage mais aussi en pulvérisation sur le feuillage.
Les purins de plantes sont une vraie alternative aux produits phytosanitaires. Le purin de consoude est un excellent fertilisant, le purin de prêle un très bon stimulant.
Economiser l’eau d’arrosage
L’eau est une ressource naturelle, renouvelable, mais qui se fait de plus en plus rare comme nous pouvons le constater chaque année dans plusieurs départements du territoire. Economiser l’eau potable est donc indispensable et pour ce faire, trois modes d’actions s’offrent à vous pour le jardin : récupérer les eaux pluviales, irriguer et maximiser les arrosages.
Récupérer l’eau de pluie
L’installation d’un récupérateur d’eau de pluie est facile, rentable et durable. Dans sa configuration la plus simple, le récupérateur d’eau a une capacité de plusieurs centaines de litres et il est installé sous une descente de gouttière et muni ou non d’un robinet. Dans sa plus complexe, il offre plusieurs milliers de litres, il est enterré et équipé d’une pompe de surface. Quelle que soit la configuration retenue, avant de choisir votre récupérateur d’eau, estimez les besoins en eau de votre potager.
L’eau de pluie est meilleure pour les plantes car elle ne contient pas d’additifs tel que le fluor ou le chlore.
Récupérateur d'eau de pluie
Opter pour l’irrigation
L’irrigation permet de réaliser des économies d’eau substantielles car son utilisation réduit les pertes liées au ruissellement, et la quantité d’eau par plante est mieux mesurée qu’avec un arrosage aérien. L’arrosage goutte à goutte est tout aussi économique, car il permet de doser exactement la quantité d’eau par plante, et l’on observe presque plus de pertes par évaporation. Plus simples d’installation, le tuyau microporeux permet un arrosage en pleine terre en laissant évacuer l’eau par ses micropores.
Il est important de désherber car les racines des adventices consomment elles aussi l’eau d’arrosage au détriment des fruits et légumes du jardin.
Kit d'irrigation pour arrosage enterré
Optimiser les arrosages
Optimiser l’arrosage des plantes se traduit par quelques gestes simples. Vous pouvez pailler le sol, biner la terre et faire des puits autour des pieds des plantes pour éviter les ruissellements. Arrosez toujours au pied des végétaux, et le soir de préférence lors des chaleurs d’été pour réduire l'évaporation.
La loi autorise tout particulier à disposer librement des eaux souterraines présentes sur son terrain.
Profiter des récoltes
Les fruits et légumes du jardin sont consommés frais essentiellement, mais selon les variétés, il est aussi possible de faire des gelés, des confitures, et ses propres bocaux de légumes. Communément, les légumes sont conservés dans une cave, un garage ou un grenier, au sec et à l’abri de la lumière. Certains légumes peuvent se conserver en place en pleine terre, tels les poireaux, les carottes, les navets. Il suffira de les pailler pour les protéger du froid. Les légumes-racines peuvent également se conserver en silo, soit dans un trou creusé en pleine terre recouvert d’une tôle ou d’une bâche.
Les légumes partagés sont les meilleurs. Entendez-vous avec vos voisins de jardin, voire avec des associations locales, pour partager et échanger vos récoltes avec d’autres jardiniers.
Ces guides pourraient vous intéresser
Guide écrit par:
Sébastien, Responsable des contenus
A l’issue d’études dans le commerce, j’ai appris par opportunité la profession de charpentier. Noble mais dur métier, les hivers et la pluie m’ont incité à descendre des toits et à pousser les portes d’une quincaillerie où sans grande surprise, je me suis retrouvé quincaillier. Le métier m’a plu et au fil des années, j’ai accumulé les expériences dans plusieurs Grandes Surfaces de Bricolage. Entre deux magasins, je poursuivais mon apprentissage et travaillais en serrurerie, couverture, imprimerie ou dans le secteur industriel pour des sociétés de traitement de surface, de fabrication de vases d’expansion... L’envie de transmettre m’a ensuite conduit à me former au métier d'enseignant de Français Langue Étrangère, puis j’ai commencé d’écrire des articles de voyage, puis de bricolage pour monEchelle.fr. Aujourd’hui Rédacteur des contenus de la section Conseil technique de ManoMano, j’ai le plaisir de travailler avec une communauté de vrais experts dont un jardinier hors pairs, un soudeur émérite, un plombier passionné et encore beaucoup d’autres. Restituer un conseil impartial est ce que nous faisons de mieux, et ce que nous continuerons de faire pour vous.