Rotation des cultures : tout savoir

Rotation des cultures : tout savoir

Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

Guide écrit par:

Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

169 guides

Alterner les plantes potagères sur une parcelle est un bon moyen pour qu'elles soient mieux nourries ainsi que pour rompre le cycle de développement des ravageurs et des maladies. Même s'il est difficile de mettre en pratique la rotation des cultures dans un jardin familial, il est bon de respecter certains principes.

Caractéristiques importantes

  • Éléments nutritifs du sol
  • Alimentation des plantes
  • Plantes gourmandes ou sobres
  • Lutte contre les ravageurs
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La rotation des cultures vise un double objectif qui concerne à la fois l'alimentation et la protection de la plante contre les ravageurs du jardin.

Les plantes ont toutes des besoins différents en éléments nutritifs. On parle d’appauvrissement de la terre lorsqu’on cultive une seule espèce sur une même parcelle et sur plusieurs années consécutives, car elle prélève toujours les mêmes nutriments du sol.

Les nuisibles, quant à eux, ils s’installent et se développent plus facilement lorsque les cultures restent inchangées. Le fait de varier les espèces de plantes d’une année sur l’autre limite la prolifération de ces parasites du potager par la suppression de leur source de nourriture et de leurs plantes hôtes.

Quels sont les besoins nutritifs des plantes du potager

Selon leurs besoins, les plantes prélèvent dans le sol des éléments minéraux, différents d'une espèce à l'autre. Alterner les légumes sur une même parcelle permet d'éviter d'épuiser le sol en diversifiant les minéraux et oligo-éléments ponctionnés.

On laisse ainsi à la terre le temps pour reconstituer ses réserves. Par ailleurs, certains légumes ont de gros besoins en éléments nutritifs, et demandent une fumure conséquente, d'autres sont moins exigeants et peuvent pousser sans apport d'éléments fertilisants.

Il est d’usage de classer les légumes en 3 catégories selon leurs besoins nutritifs :

  • les plantes gourmandes : courges, courgettes, tomates, choux, aubergines et poivrons ;
  • les plantes moyennement gourmandes : carottes, laitues et betteraves ;
  • les plantes sobres : oignon, ail et radis.

La rotation des cultures exploite aussi la propriété qu'ont certaines plantes d'enrichir le sol en éléments minéraux. L'exemple le plus souvent cité est celui des légumineuses ou fabacées (pois, haricot, trèfle) qui, par l'intermédiaire de bactéries vivant sur leurs racines, fixent l'azote atmosphérique. Après la récolte, les racines de ces plantes vont se décomposer dans le sol et l'azote libéré peut profiter à la culture suivante.

A quelle profondeur les légumes prélèvent-ils leurs éléments nutritifs

Suivant le système racinaire, les éléments minéraux sont puisés à des profondeurs différentes. En effet, certains légumes comme les laitues ou les haricots ont des racines superficielles. En revanche, d'autres plantes du potager, telles que les asperges, courges, ou encore les légumes racines (carottes, navets, pommes de terre, etc.), vont chercher leurs nutriments en profondeur.

Le fait de ne pas remettre la même culture d'une année sur l'autre rompt le cycle de vie des parasites, que ce soit des maladies des plantes dues à des champignons ou des ravageurs. En effet, de nombreux parasites des végétaux survivent dans le sol pour réapparaître l'année suivante. A titre d'exemple, à la fin de l'été les doryphores adultes survivants s'enterrent à plus de 30 cm de profondeur et ressortent aux beaux jours du printemps suivant.

Les légumes d'une même famille botanique ont souvent des ennemis communs. Les altises qui criblent les feuilles des radis sont les mêmes que l'on retrouve sur les feuilles des choux ; c'est pour cette raison que l'on conseille de laisser un peu de temps avant de ressemer ou de repiquer ses légumes sur la même parcelle des plantes de même famille botanique. Pratiquer la rotation d'une manière efficace suppose donc de savoir à quelle famille appartiennent les légumes.

Une question revient souvent : combien de temps attendre avant de remettre la même culture sur la même parcelle ?  La réponse est : le plus longtemps possible. En effet, les parasites des plantes survivent pendant de nombreuses années dans le sol sous une forme de résistance : spores de champignons, œufs, larves, etc. Mais on considère qu’une rotation sur 3 ans ou mieux 4 ans, est une bonne pratique.

À noter que certains légumes sont hors rotation car ils restent en place plusieurs années :

  • fraises ;
  • artichauts ;
  • asperges ;
  • rhubarbes ;
  • légumes “perpétuels” : choux, oignons.

On leur réserve bien souvent un endroit isolé au potager.

On s'aperçoit rapidement qu'une rotation qui englobe tous ces paramètres : famille botanique, type de légumes (fruits, racines, feuilles) et exigence en éléments fertilisants, devient un problème très complexe. Le tableau qui suit peut vous aider à vous y retrouver.

Famille botanique

Légumes très gourmands

Légumes peu gourmands

Légumes sobres

Apiacées

Céleri, fenouil bulbeux

Carotte, panais, persil

Astéracées

Artichaut, cardon

Laitues, chicorées frisées et scaroles, salsifis

Topinambour, chicorée, endive

Brassicacées

Choux pommé, chou-fleur, chou rave, chou navet

Radis, navets, choux de Bruxelles

Chénopodiacées

Bettes (cardes), betteraves, épinards

Cucurbitacées

Courges, courgettes, concombres, melons

Fabacées (légumineuses)

Haricots, pois

Fèves

Liliacées

Poireau

Ail, oignon, échalote

Solanacées

Aubergines, poivrons, tomates, pommes de terre

Autres

Rhubarbe, maïs

Mâche, oseille

Assez simple à mettre en œuvre pour des maraîchers qui cultivent 3 ou 4 légumes sur de grandes parcelles et qui ont tout intérêt à adopter cette pratique, la rotation des cultures peut rapidement devenir une véritable gageure dès lors que l'on cultive une grande variété de légumes sur un petit espace, comme c'est le cas dans les carrés potagers, les serres et les jardins familiaux.

Elle demande un sens de l'organisation et nécessite de planifier à l'avance sur plusieurs années ses cultures, sur un jardin découpé en parcelles.  Si, en plus, vous voulez tenir compte des associations favorables ou défavorables entre légumes, le problème devient insoluble.

Toutefois, pour simplifier, il faut retenir qu'il faut surtout pratiquer la rotation pour les pommes de terre et les choux en général. Si vous le pouvez, faites-le également pour les carottes, et les plantes de la famille de l'ail (oignon, échalote, poireau).

Divisez votre potager en autant de zones que dure la rotation. Par exemple, pour une rotation classique sur 4 ans, découpez votre jardin en 4 grandes parcelles.

Dans cet exemple, pour une année donnée, chaque parcelle doit porter des légumes ayant à peu près les mêmes exigences en fertilisants : pour les légumes gourmands (tomates, aubergines, courges, choux-fleurs), la parcelle recevra une forte fumure de type compost.

L'année d'après, cette parcelle portera des cultures moins exigeantes (carotte, betterave, pois, laitues). La troisième année, ce sera le cas des légumes sobres (ail, oignon, mâche, navets) ; ils ne recevront pas de compost.

La quatrième année, il est conseillé de laisser reposer la terre en semant un engrais vert.

Dans les tout petits jardins et les potagers en carré où l'on cultive de nombreuses espèces sur une petite surface, il n'est pas question de pratiquer la rotation des légumes, ce qui par ailleurs serait irréalisable puisque l'on remplace une place laissée vacante (après un prélèvement) par un nouveau semis ou un nouveau plant. Diversité et renouvellement rapide font que ces petits jardins sont peu attaqués par des maladies ou des ravageurs.

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Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

Haut comme trois pommes, je travaillais déjà au jardin familial. C'est peut-être de là qu'est né mon intérêt pour les plantes et le jardinage. Il était donc logique pour moi de suivre des études à la fois en biologie végétale et en agronomie.   Accédant à la demande de divers éditeurs, j'ai écrit en 25 ans de nombreux livres sur la thématique des plantes, des champignons (un sujet qui me tient à cœur), essentiellement des guides d'identification dans un premier temps, mais très vite aussi par la suite, sur le jardinage, renouant ainsi avec la première passion de mon enfance.   J'ai aussi collaboré régulièrement à plusieurs magazines spécialisés dans le domaine du jardinage ou plus généralement de la nature. Comme il n'y a pas de jardinier sans jardin, c'est dans un petit coin de l'Auvergne que je cultive le mien depuis 30 ans et où je mets en pratique les méthodes de culture que je vous conseille.

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