
Comment reconnaître le type d'un sol
Guide écrit le 22 juin 2026 par:
Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne
Caractéristiques importantes
- Composition du sol
- Types de sol
- Propriétés
- Plantes bio-indicatrices
Pourquoi savoir reconnaître un type d'un sol
Savoir si l'on a affaire à un sol argileux, sableux, riche en humus, acide ou neutre, est important pour plusieurs raisons :
pour adapter les façons culturales en fonction du sol ;
pour faire des apports judicieux en fertilisants et en amendements ;
pour choisir des plantes bien adaptées à la nature du sol.
Eléments constitutifs du sol
Un sol est composé de différentes particules minérales classées par leur granulométrie, autrement dit, en fonction de leur taille. Celle-ci détermine la texture du sol. Voici un tableau indicatif.
Tableau de granulométrie
Classification | Dénomination des particules minérales | Taille |
Refus | Cailloux | 20 à 50 mm |
Graviers | 2 à 20 mm | |
Terre fine | Sable grossier | 0,2 à 2 mm |
Sable fin | 0,02 mm à 0,2 mm | |
Limon | 0,002 à 0,02 mm | |
Argile | moins de 0,002 mm |
À noter qu’il faut aussi tenir compte de deux autres composants importants qui n'entrent pas dans la texture du sol : le calcaire et l'humus.
Propriétés physiques des sols
Sol argileux
Un sole st considéré argileux, dit aussi sol lourd, si son taux d'argile est supérieur à 25 %. Un tel sol possède les propriétés suivantes :
imperméable et peu aéré ;
difficile à travailler ;
très humide au printemps ;
réchauffement lent au printemps ;
très bonne rétention de l'eau ;
riche en minéraux, stockés par l'argile.
Sol sableux
Le sable constitue plus de 50 % des composants. Les principales propriétés d'un sol sableux sont exactement à l'opposé de celles d'un sol argileux :
très perméable ;
facile à travailler ;
réchauffement rapide au printemps.
Sol limoneux
Renfermant plus de 35 % de limon, ce sol est assez riche, mais possède de mauvaises propriétés physiques :
asphyxiant car peu perméable ;
structure instable due aux particules sans cohésion ;
capacité de retenue d'eau plutôt bonne mais le sol s'assèche rapidement à cause de l'évaporation en surface.
Sol calcaire
Un sol est considéré calcaire s'il renferme plus de 30 % de calcaire au total. On les reconnaît à leur couleur souvent claire. Voici leurs principales caractéristiques :
aérés et perméables, ils se réchauffent rapidement au printemps, permettant des cultures précoces ;
les éléments nutritifs risquent cependant d'être entraînés en profondeur du fait de cette perméabilité ;
ils sont faciles à travailler ;
leur capacité de retenir l'eau est faible et les cultures peuvent rapidement manquer d'eau en période sèche ;
l'excès de calcaire peut empêcher l'absorption par la plante de certains éléments minéraux.
Sol humifère
Les sols dit humifères, renfermant plus de 10 % d'humus, sont très rares. Voici leurs particularités :
l'humus retient très bien l'eau (15 à 20 fois son poids) et la restitue lentement ;
ce sont des sols légers, faciles à travailler lorsqu’ils sont secs, ils le sont beaucoup moins lorsqu'ils sont humides ;
à l'opposé des sols calcaires, les sols riches en humus sont de couleur sombre et forment souvent des terrains acides.
Quelques tests pour évaluer la composition d'un sol
Seule une analyse de laboratoire, réalisée à partir d'échantillons de terre prélevés sur votre parcelle, est suffisamment précise pour déterminer votre type de sol, mais elle est coûteuse. Tout jardinier amateur peut cependant se faire une idée de la texture de sa terre en réalisant de simples tests.
Test du toucher
Ecrasez un peu de terre fine et sèche entre vos doigts :
si elle est granuleuse et râpe vos doigts et si vous entendez un crissement à l'oreille, votre terre est riche en sable ;
si à l'opposé, vous avez une sensation de douceur au toucher, soyeuse, un peu comme de la farine, votre terre est constituée en majorité d'éléments très fins, elle est limoneuse ou argileuse.
Test de sédimentation
Vous pouvez avoir une idée plus précise de la composition de votre sol en faisant le test suivant : dans un bocal en verre transparent, beaucoup plus haut que large, mettez de la terre sur environ la moitié de sa hauteur. Remplissez votre bocal presque entièrement avec de l'eau du robinet.
Refermez le bocal hermétiquement avec son couvercle et secouez-le énergiquement de manière à bien séparer toutes les particules de la terre et qu'elles se trouvent en suspension. Posez votre bocal et attendez plusieurs heures ; il faut que tous les éléments se soient déposés au fond du bocal, sauf ceux qui surnagent.
Vous allez obtenir 3 couches de couleurs différentes :
la couche du bas est constituée de cailloux et de sable de plus en plus fins vers la partie supérieure ;
la couche intermédiaire, est celle du limon ;
le dépôt supérieur est constitué d'argile ;
au-dessus se trouvent l'eau et les matières organiques flottantes.
Test du boudin
Prélevez une petite poignée de terre humide et pétrissez-la jusqu'à faire une boule. Deux résultats sont possibles :
si vous ne parvenez pas à faire une boule qui se tient, votre sol est constitué en majorité de sable ;
si la boule se tient sans se déliter, votre terre renferme une bonne quantité d'argile ou de limon (ou les deux).
Essayez ensuite de rouler cette boule, soit entre vos mains, soit sur une surface plane, pour en faire un boudin de 1 cm de diamètre environ :
si vous parvenez à faire un arc de cercle avec le boudin, mais qui se fissure, votre terre est limoneuse ;
si on peut refermer le boudin en formant un anneau et qu’il y a quelques craquelures, on estime à 30 % la teneur en argile ;
si l’anneau reste bien lisse, comme une pâte à modeler, votre terre est très argileuse (plus de 40 %).
Quelle est la composition de la terre idéale
Une bonne terre de jardin bien équilibrée est appelée terre franche.
Un sol de bonne texture est composé d'environ 15 à 20 % d'argile, de 30 à 35 % de limon et de 45 % de sable. L'humus doit représenter 5 % dans une bonne terre.
Sol acide ou sol alcalin
Ce paramètre du sol est quantifié par une mesure qui est le pH et dont l'échelle, en théorie, va de 0 à 14. En pratique, les sols ont, pour la plupart, un pH compris entre 5 et 9. La valeur neutre étant un pH de 7. Le sol est d'autant plus acide que son pH est inférieur à cette valeur, et d'autant plus alcalin, on dit aussi « calcaire », qu'il est supérieur.
Une bonne terre de jardin a un pH compris entre 6,5 et 7. La majorité des plantes cultivées préfère une terre légèrement acide (pH de 6,5), mais certaines manifestent un goût pour des terres franchement acides, comme les arbustes de terre de bruyère, d'autres poussent mieux sur une terre légèrement calcaire comme le chou.
Pour avoir la mesure précise du pH, vous devrez passez par un laboratoire, mais vous pouvez vous faire une idée approximative en utilisant des kits de mesure du pH très faciles d'emploi, ou encore du papier pH.
Testez le pH d'un sol
Vous pouvez également savoir si votre sol est de tendance acide ou calcaire en procédant aux deux tests suivants :
Test avec du vinaigre
Versez un peu de vinaigre blanc directement sur le sol ou sur un échantillon prélevé :
si une effervescence se produit (comme un bouillonnement), votre sol est calcaire ;
s'il n'y a pas de réaction du tout, votre sol est acide ;
si une réaction faible se produit, votre sol se situe entre ces deux valeurs.
Test avec du bicarbonate de sodium
Dans un petit récipient, déposez un peu de terre et mouillez avec de l'eau déminéralisée jusqu’à obtenir une boue épaisse mais liquide. Versez ensuite une grosse pincée de bicarbonate de sodium ou bicarbonate de soude :
si vous observez une réaction d'effervescence, votre terre est acide, et ce d'autant plus que l'effervescence est importante ;
si vous n'observez aucune réaction, ni au vinaigre, ni au bicarbonate, votre sol est neutre (pH de 7) ou proche de la neutralité.
Observation de la végétation : les plantes bioindicatrices
Certaines espèces de plantes ne poussent bien que dans des conditions bien définies. Lorsqu'elles apparaissent en nombre, elles indiquent certaines caractéristiques du sol.
Type de sol | Plantes bio-indicatrices |
Sol argileux | Plantain majeur Cirse des champs Renoncule rampante (et « boutons d'or » en général) Rumex à feuilles obtuses Chiendent rampant Prêle des champs Gesses Pissenlit Pâquerette Liseron |
Sol limoneux | Carotte sauvage Sisymbre officinal Géranium bec-de grue Trèfle rampant Matricaire Plantain majeur Pourpier Moutarde des champs |
Sol sableux | Panicaut des champs Spergule des champs Trèfle des champs Menthe pouliot Pensée sauvage Rumex petite oseille Séneçon commun Moutarde des champs Mauve sylvestre |
Sol acide | Bruyères Fougère aigle Genêt à balais Rumex petite oseille Ajonc d'Europe Mouron rouge Pensée sauvage Avoine élevée |
Sol alcalin | Chicorée sauvage Moutarde des champs Sainfoin Sauge des prés Mouron bleu Ravenelle Sisymbre officinal |
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Guide écrit par:
Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne
Haut comme trois pommes, je travaillais déjà au jardin familial. C'est peut-être de là qu'est né mon intérêt pour les plantes et le jardinage. Il était donc logique pour moi de suivre des études à la fois en biologie végétale et en agronomie. Accédant à la demande de divers éditeurs, j'ai écrit en 25 ans de nombreux livres sur la thématique des plantes, des champignons (un sujet qui me tient à cœur), essentiellement des guides d'identification dans un premier temps, mais très vite aussi par la suite, sur le jardinage, renouant ainsi avec la première passion de mon enfance. J'ai aussi collaboré régulièrement à plusieurs magazines spécialisés dans le domaine du jardinage ou plus généralement de la nature. Comme il n'y a pas de jardinier sans jardin, c'est dans un petit coin de l'Auvergne que je cultive le mien depuis 30 ans et où je mets en pratique les méthodes de culture que je vous conseille.