Les dangers  du glyphosate

Les dangers du glyphosate

Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

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Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

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Il y a encore quelques années, le commun des mortels n'avait jamais entendu parler de glyphosate, mais depuis peu, le mot résonne jusqu'aux plus hautes instances de l'Etat chargé de légiférer sur son sort, en raison des effets suspectés sur la santé de l'homme et ceux constatés sur l'environnement.

Caractéristiques importantes

  • Dangers et risques pour l'environnement et la biodiversité
  • Dangers et risques pour l'homme et la santé
  • La législation et les enjeux économiques
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Le glyphosate est la matière active d'un désherbant. Il fait partie de la catégorie des désherbants foliaires systémiques, c'est-à-dire qu'une fois pulvérisé, il rentre dans la plante par les feuilles et est véhiculé par la sève jusqu'aux racines, détruisant les plantes de l'intérieur.

C'est un herbicide total : il détruit donc toutes les plantes sans distinction, au contraire des herbicides sélectifs.

Le glyphosate a été mis sur le marché à partir de 1974 sous le nom commercial de Roundup par une société américaine. Tombé dans le domaine public en 2000 , il est devenu moins cher et il est commercialisé dans plus de 750 produits ; 700 000 tonnes sont vendues chaque année dans le monde, 8000 tonnes en France.

C'est l'herbicide le plus vendu en France et aussi le plus utilisé au monde en raison de son faible coût, de son efficacité et de sa rémanence très faible qui permet de semer quelques jours après une pulvérisation. Il est largement employé en agriculture mais était également très utilisé jusqu'en 2017, par les collectivités et dans les espaces ouverts au public.

Le glyphosate est très utilisé par les agriculteurs, notamment sur les champs de colza, blé, maïs, mais aussi dans les vignes, les vergers, les oliveraies...

Ce désherbant est employé en pré-récolte dans beaucoup de pays. Sur des cultures comme l’avoine au Canada, la lentille aux États-Unis ou encore le haricot rouge au Brésil, du glyphosate est pulvérisé deux semaines avant la récolte pour en avancer la date. La culture et les mauvaises herbes se dessèchent, facilitant ainsi par ailleurs le passage de la moissonneuse.

Ces traitements appliqués quelques jours avant la récolte, expliquent en grande partie la présence de glyphosate dans nos aliments. C'est ainsi que l'on retrouve du glyphosate  dans le pain ou dans la bière, en raison des traitements appliquées aux céréales servant à fabriquer ces produits.

L'ONG Générations futures a fait analyser 30 échantillons de produits de grande consommation et il en ressort que la moitié contiennent du glyphosate. Sur des échantillons d'urines de 30 personnes, tous présentaient des traces de glyphosate.

En France, si l’utilisation de glyphosate est autorisée dans un délai de 7 jours avant récolte sur certaines céréales,  elle est rarement pratiquée, ce qui explique l’absence de résidus dans les produits agricoles français, comme le soulignent la Coordination Rurale (CR) et l’Organisation des producteurs de grains (OPG).

Dans d'autres pays de l’UE, le glyphosate est autorisé et parfois utilisé sur blé ou sur colza, avant récolte, les années humides. Dans les pays de l’Est, une utilisation sur tournesol permet d’avancer la récolte.

Les effets sur la santé d'une exposition au glyphosate ou de la consommation d'aliments présentant des traces de ce produit sont difficiles à évaluer.

Différentes agences nationales, des experts de l'ONU et l'Autorité européenne de sécurité des aliments ont estimé récemment  qu'il est improbable que le glyphosate soit cancérigène par voie alimentaire.

Les opposants à cette substance active lui reprochent des effets néfastes sur l'environnement et sur les personnes manipulant ce produit ou exposé aux pulvérisations.

Le Centre international  de recherche sur le cancer (CIRC), rattaché à l'OMS a quant à lui, le 20 mars 2015, classé le glyphosate comme "probablement cancérogène" pour l'homme, et a démontré le caractère cancérogène pour l'animal. Il soupçonne aussi cette molécule de provoquer une forme particulière de cancer du sang, le lymphome non hodgkinien, et de de provoquer des dommages aux chromosomes dans les cellules humaines, ce qui exposeraient particulièrement les femmes enceintes.

Par ailleurs, le glyphosate est suspecté d'être tératogène, et provoquerait des malformations du fœtus.

La polémique autour du glyphosate concerne aussi sa biodégradabilité.

Toutefois, si les avis divergent concernant l'influence directe du glyphosate sur la santé de l'homme, en revanche, il existe un consensus sur ses effets néfastes sur l'environnement.

En effet, le glyphosate ainsi que des substances provenant de sa dégradation sont également présents dans le sol, l'eau de surface et des nappes phréatiques...mais aussi dans l'air et l'eau de pluie !

L'action herbicide du glyphosate ne se manifeste que lors d'une pulvérisation sur les feuilles, ce qui permet de semer directement après, sans aucun effet toxique sur la culture suivante. La découverte de cette molécule a révolutionné le mode de culture, car il fallait autrefois attendre jusqu'à plusieurs semaines après traitement par un herbicide pour pouvoir cultiver la terre.

C'est pour cette propriété majeure du glyphosate, qui était aussi un excellent argument de vente, que l'on a cru pendant longtemps que ce produit était totalement biodégradable.

En réalité, le glyphosate et ses sous-produits mettent plusieurs jours et parfois plusieurs mois, suivant les caractéristiques du sol à se dégrader. Ces produits se retrouvent notamment dans les eaux de surface, et les études menées par le commissariat général au développement durable montrent des concentrations supérieures au seuil réglementaire fixé, ce qui peut provoquer un changement du milieu aquatique, notamment l'acidité, et certaines espèces ne peuvent pas y survivre.

Par ailleurs, le caractère toxique pour le milieu aquatique a bien été reconnu par l'Agence européenne des produits chimiques, et par l'Autorité européenne de sécurité des aliments, les deux mêmes agences qui pourtant n'ont pas reconnu son potentiel cancérigène.

Même si les quantités en soi ne sont pas alarmantes, on ne connaît pas bien les effets du glyphosate sur le monde vivant. Comme il est l'herbicide le plus employé sur la planète, les quantités émises dans l'environnement pourraient devenir problématiques, car on le retrouve partout, dans le sol, dans l'eau et dans l'air.

Glyphosate et biodiversité

Le glyphosate génère d'autres inquiétudes d'ordre écologique. Certaines cultures comme les plantes OGM sont programmées pour résister au glyphosate, ce qui permet de les désherber. Mais certaines mauvaises herbes deviennent résistantes au glyphosate, et il faut employer davantage d'herbicide pour s'en débarrasser, ce qui signifie plus d'herbicide déversé dans le milieu.

D'autre part, en favorisant, indirectement, des espèces résistantes, on limite ainsi la biodiversité non seulement des végétaux mais aussi des insectes qui butinent et pollinisent les fleurs, des oiseaux, des mammifères, etc.

Les reproches dont il fait l'objet à la fois sur la santé et sur l'environnement, ont placé le glyphosate sur la sellette.

Son utilisation est interdite aux collectivités dans les espaces ouverts au public depuis le 1 janvier 2017,et le deviendra aussi pour les particuliers à partir du 1 janvier 2019.

En 2017, l'Agence européenne des produits chimiques décide de maintenir le statut du glyphosate comme substance non cancérigène et en novembre 2017, la Commission européenne autorise l'utilisation du pesticide pour 5 ans, malgré la proposition de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique du gouvernement français de la prolonger de 3 ans seulement.

La même année, le gouvernement français s'engage à interdire l'utilisation de glyphosate en France d'ici à 2020, et souhaite que des alternatives soient proposées.

Cependant, des organisations d'agriculteurs comme l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales et la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) craignent une concurrence déloyale avec d'autres pays si le glyphosate était interdit en France.

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Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

Haut comme trois pommes, je travaillais déjà au jardin familial. C'est peut-être de là qu'est né mon intérêt pour les plantes et le jardinage. Il était donc logique pour moi de suivre des études à la fois en biologie végétale et en agronomie.   Accédant à la demande de divers éditeurs, j'ai écrit en 25 ans de nombreux livres sur la thématique des plantes, des champignons (un sujet qui me tient à cœur), essentiellement des guides d'identification dans un premier temps, mais très vite aussi par la suite, sur le jardinage, renouant ainsi avec la première passion de mon enfance.   J'ai aussi collaboré régulièrement à plusieurs magazines spécialisés dans le domaine du jardinage ou plus généralement de la nature. Comme il n'y a pas de jardinier sans jardin, c'est dans un petit coin de l'Auvergne que je cultive le mien depuis 30 ans et où je mets en pratique les méthodes de culture que je vous conseille.

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