Désherber à l'eau de Javel : un geste interdit pour l'environnement

Désherber à l'eau de Javel : un geste interdit pour l'environnement

Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

Guide écrit par:

Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

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L'hypochlorite de sodium, connu sous l’appellation d’eau de Javel, est un produit utilisé en solution aqueuse comme désinfectant et comme décolorant. Ses propriétés biocides lui ont valu d'être préconisée par certains comme une alternative aux herbicides, désormais interdits. Mais, est-ce vraiment une bonne idée ?

Caractéristiques importantes

  • Biocide
  • Polluant
  • Alternatives
  • Autres utilisations
  • Précautions d’emploi
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D'abord utilisée comme décolorant (on s'en servait pour blanchir les toiles), l'eau de Javel acquiert ses lettres de noblesse au XIXème siècle comme désinfectant, car elle tue toutes les bactéries, les virus, les champignons, etc.

Très puissant, l’eau de Javel est également toxique et corrosive. Elle provoque des brûlures sur la peau, les muqueuses (les yeux notamment), particulièrement avant sa dilution dans l'eau.

On ne doit jamais la mélanger ou l'additionner à d'autres produits, contenant notamment des acides. Ainsi, si vous pensez augmenter l'effet de l'eau de Javel en l'associant à du vinaigre blanc, sachez que vous fabriquez un cocktail encore plus toxique avec émanation d'un gaz très irritant pour les yeux et les voies respiratoires.

L’eau de Javel est responsable de 40 % des intoxications dues aux produits d'entretien.

On trouve un peu partout des « recettes » ou des « bons conseils », qui sont de très mauvaises idées. Sûrement qu'un tel produit qui détruit toute forme de vie viendra à bout de vos mauvaises herbes. Mais à quel prix pour l'environnement ?

L'eau de Javel est un biocide dangereux, qui se disperse dans les nappes phréatiques. Sa décomposition, assez rapide, libère du sel, mais également du chlore qui se combine à d'autres éléments pour former des substances nocives, tant dans le sol, dans l'eau, que dans l'air.

Rappelons qu'il existe d'autres méthodes moins nocives pour désherber, certaines même totalement inoffensives, pour l'environnement.

Arracher l'herbe manuellement

C’est la seule méthode à envisager lorsque les plantes cultivées laissent peu de place entre elles. Désherber avec les outils adaptés est la seule façon de s'assurer que les herbes arrachées ne repoussent pas.

Ce désherbage est sélectif et totalement inoffensif pour le sol et pour la vie la microbienne ; il est facile à appliquer si le sol est suffisamment humide.Vous pouvez vous aider d'un couteau ou d'une gouge pour extraire des herbes profondément enracinées. L'emploi d'une binette peut rendre le travail moins fastidieux.

Désherber par la chaleur

C’est un moyen envisageable pour traiter de petites surfaces ou les bordures d'allées. Une forte chaleur est produite par des désherbeurs thermiques ou électriques sur les plantes à éliminer.Utilisée sur une culture, avant la levée des plantes ou entre les rangs, cette méthode a l'inconvénient de chauffer la couche superficielle du sol.

Couvrir le sol d'une bâche ou de cartons

Cette méthode naturelle bloque la photosynthèse des plantes par l’absence de lumière qu’elle provoque et les élimine par cette action.On peut pour cela poser, de manière permanente sur un emplacement où les herbes poussent à profusion, tel qu'un talus ou entre des plantes d'ornement dans une plate-bande, un paillage en toile tissée pour que les herbes ne poussent pas, faute de lumière.La pose d'une toile tissée, d'une bâche ou encore d'un film plastique noir, donne d'excellents résultats lorsqu'on veut désherber entièrement un emplacement pour le préparer à une prochaine culture ou pour l'engazonnement.

Utiliser les nouveaux produits désherbants mis sur le marché

À base d'acide pélargonique ou d'acide acétique, autrement dit de vinaigre (mais à très faible dose), ces herbicides agissent par contact.Ils ne sont pas sélectifs mais ils ne tuent que les plantes qui reçoivent le produit pulvérisé sur les feuilles et tiges. Leur action est dite systémique foliaire.

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Désherbeurs thermiques ou électriques

L'eau de Javel ou hypochlorite de sodium, présente d'autres usages dans le jardin. Il est toutefois recommandé de n'appliquer ce produit que très ponctuellement pour des actions ciblées, car, même si elle est faiblement dosée, l'eau de Javel, après l’application, se retrouve dans la nature.

Désinfecter les outils et matériel

Vous pouvez désinfecter les pots et jardinières que vous réutilisez. Diluez l’eau de Javel à 10 % dans de l'eau froide. Laissez tremper 30 minutes avant de rincer soigneusement.

Avant d'être rentrés pour l'hiver, les tuteurs à tomates peuvent être frottés avec une éponge imbibée d'une solution d'eau de Javel diluée à 10% contre les maladies à champignons.

La lame des outils de coupe (sécateur, serpette, greffoir, couteau, etc.) est désinfectée après la taille de chaque plante afin d'éviter la transmission de maladies. À employer non diluée en remplacement de l'alcool.

Soigner les maladies et lutter contre certains parasites

Certains utilisent, toujours en vertu de ses propriétés biocides, l'eau de Javel contre les maladies cryptogamiques.Une solution d'eau de Javel très diluée (2 cuillères à soupe pour 2 litres d'eau) est pulvérisée sur le feuillage des végétaux atteints.Contre la teigne du poireau, avant le repiquage, certains jardiniers font tremper les jeunes plants de poireaux dans une solution de 1 litre d'eau additionnée d'environ 5 cl d'eau de Javel.

Les précautions d'emploi à respecter

Quel que soit l'usage que vous en faites, respectez les précautions d'emploi de l'eau de Javel : utilisez des gants de protection adaptés, munissez-vous d’un masque de protection des voies respiratoires et de lunettes de sécurité.En effet, protéger la peau, les voies respiratoires et les yeux est indispensable pour éviter tout contact avec ce produit. 

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Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

Haut comme trois pommes, je travaillais déjà au jardin familial. C'est peut-être de là qu'est né mon intérêt pour les plantes et le jardinage. Il était donc logique pour moi de suivre des études à la fois en biologie végétale et en agronomie.   Accédant à la demande de divers éditeurs, j'ai écrit en 25 ans de nombreux livres sur la thématique des plantes, des champignons (un sujet qui me tient à cœur), essentiellement des guides d'identification dans un premier temps, mais très vite aussi par la suite, sur le jardinage, renouant ainsi avec la première passion de mon enfance.   J'ai aussi collaboré régulièrement à plusieurs magazines spécialisés dans le domaine du jardinage ou plus généralement de la nature. Comme il n'y a pas de jardinier sans jardin, c'est dans un petit coin de l'Auvergne que je cultive le mien depuis 30 ans et où je mets en pratique les méthodes de culture que je vous conseille.

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