
Comment récupérer l'eau de pluie
Guide écrit le 14 février 2024 par:
Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne
L’essentiel de la récupération d’eau de pluie
Les 2 types d'installations pour récupérer l'eau
Cuve extérieure
Le récupérateur d’eau de pluie avec cuve extérieure ne nécessite une installation que d’environ une heure et convient à tous les budgets. Posé au plus près de la descente de la gouttière et relié à cette dernière avec un collecteur, l’installation est à la portée de tous. Ce récupérateur d’eau de pluie est retenu pour arroser le jardin. Plusieurs types et formes de récupérateurs sont proposés, du plus basique au plus esthétique.
Cuve enterrée
Le récupérateur d’eau de pluie avec cuve enterrée est une installation plus coûteuse qui nécessite de vrais travaux. Enterrée dans le jardin, la cuve est reliée à un réseau dédié de plomberie et d’évacuation (trop-plein) pour un usage domestique réglementé. Ce récupérateur d’eau de pluie est retenu pour l’arrosage du jardin et pour alimenter certains points d’eau non potables de la maison. L’eau est acheminée obligatoirement avec une pompe immergée.
La réglementation sur la récupération de l'eau de pluie
L’arrosage extérieur avec l’eau de pluie ne compte aucune restriction tout comme l’utilisation de l’eau pluviale pour le lavage de biens (auto, salon de jardin).
L’utilisation de l’eau de pluie en eau domestique est très réglementée : utilisation pour WC et machine à laver autorisés mais interdiction comme eau de lavage corporel ou de consommation.
3 bonnes raisons de récupérer l'eau de pluie
C'est bon pour la planète. L'eau est une ressource naturelle, certes renouvelable, mais qui peut se faire rare en certaines périodes et des interdictions préfectorales d'utilisation d'eau sont souvent décrétées. Il faut donc trouver des alternatives pour économiser l'eau.
Elle est gratuite. L'eau du réseau de distribution, soit l’eau du robinet, coûte de plus en plus cher. Récupérer l’eau de pluie ne coûte que l’installation en elle-même et se rentabilise à terme.
C'est la meilleure eau pour les plantes. L'eau du réseau de distribution est rendue potable par divers additifs renfermant notamment du fluor et du chlore, dont on ne connaît pas bien les effets sur les plantes. Presque la moitié de l'eau que nous utilisons n'a pas besoin de subir de traitement. Le seule contre-indication pour recueillir les eaux pluviales pour son jardin concerne les zones côtières car l'eau serait trop chargée en sel.
Les différents récupérateurs d'eau de pluie et leurs contraintes d’installation
Récupérateur d’eau de pluie standard
Le système le plus simple à mettre en place consiste à installer un bidon ou une citerne (récupérateur) sous une descente de gouttière, après avoir enlevé la partie inférieure de celle-ci ou en installant un système de dérivation, un adaptateur pour gouttière. Prenez garde aux cuves de réemploi, car elles peuvent avoir contenu des produits chimiques. Différents modèles de récupérateurs d’eau existent, d'une capacité de 200 à 10 000 litres. Pour les besoins d'un jardin ou d'un potager, un modèle de quelques centaines de litres à 1000 litres sera suffisant.
Récupérateur d’eau décoratif amphore ou mur en pierre
On trouve de nos jours des kits de récupération avec des citernes en plastique très décoratives, comme la citerne amphore ou citerne poterie ; d'autres se font oublier dans le décor en imitant la pierre naturelle ou le bois.
Récupérateur d’eau de pluie réservoir souple
Il existe aussi des réservoirs souples de grande contenance que l'on installe sous une terrasse, un vide sanitaire, ou tout autre endroit dissimulé.
Récupérateur d’eau de pluie enterrée
La solution la plus discrète, mais aussi la plus chère, consiste à recourir à une cuve enterrée. Il peut être avantageux de penser à ce système dès la réalisation des plans de votre maison ou de votre jardin, particulièrement si vous destinez cette eau pour de multiples besoins (lavage du linge, WC, lavage de voiture, jardinage).
Kit adaptateur pour gouttière pour la récupération d’eau
Des kits prêts à poser vous faciliteront la tâche ; ils sont composés d'un collecteur, qui raccorde la cuve à la descente de gouttière, et d'un récupérateur d'eau de pluie. N'oubliez pas d'installer un filtre en tête de descente de la gouttière pour retenir les débris divers, feuilles mortes, mousse. Il devra être régulièrement nettoyé. Vous pouvez également installer une crapaudine en haut de descente sur la gouttière.
Crapaudine
Le puisage de l'eau de la cuve
Écoulement de l’eau par gravité
On peut se contenter de placer les citernes aériennes en hauteur sur un support à quelques dizaines de centimètres au dessus du sol. Ainsi en ouvrant le robinet situé en bas de la cuve, l'eau s'écoule par gravité dans l'arrosoir placé en dessous ou dans le tuyau d’arrosage que vous avez raccordé au robinet.
Puisement de l’eau par pompage
Une pompe électrique, une pompe d’arrosage ou pompe de surface, permet aussi d’acheminer l’eau du récupérateur directement dans votre jardin. Les cuves enterrées nécessitent l'installation d'une pompe immergée pour puiser l'eau stockée dans la cuve.
Pompe immergée
Evaluation des besoins en eau
Il faut bien quantifier ses besoins en fonction de l'utilisation de cette eau. Pour les besoins du jardin, du potager, et éventuellement le lavage de la voiture une fois par semaine, un récupérateur de 200 à 1000 litres est suffisant.
Si vous envisagez en plus un usage domestique, le volume devra être beaucoup plus important, de 2500 litres à 10 000 litres. La capacité de 5000 litres est la plus fréquemment retenue. La citerne doit alors être enterrée.
Quelle quantité d'eau de pluie est-il possible de récupérer
Si la pluviométrie de votre localité est moyenne, considérez qu'un toit fournit en moyenne 600 l d'eau/m² chaque année. Vous pouvez aussi estimer plus précisément la quantité d'eau que vous récupérerez en effectuant le calcul suivant :
[(Surface du toit en m² X Pluviométrie moyenne annuelle) X 0.9] = Litres d’eau récupérés à l’année
Soit multipliez la surface du toit qui va récupérer l'eau par la pluviométrie moyenne de l'année exprimée en millimètres. Pour tenir compte des pertes par évaporation, multipliez ce résultat par 0,9 (coefficient de perte). Vous obtenez la quantité d'eau que vous récupérerez sur une année.
Par exemple et pour une surface de toiture de 100 m2 et une pluviométrie moyenne de 700 mm par an, vous pouvez recueillir sur une année 63 000 litres d'eau (100 x 700 x 0,9) soit 63 m3 /annuel.
Estimation des besoins en eau
Consommation quotidienne | Consommation mensuelle | Consommation sur une période donnée | Estimation du coût en euros* par période | |
Consommation d’eau moyenne par ménage par personne | 110 l/jour | 3300 l/mois | 40 000 l/an | 140 €/an |
Consommation d’eau moyenne pour l’arrosage de la pelouse | 3 l/m²/jour | 90 l/m²/mois | 270 l/m²/3 mois | 1 €/m²/3 mois |
Consommation d’eau moyenne pour l’arrosage d’un potager | 6 l/m²/jour | 180 l/m²/mois | 1080 l/m²/6 mois | 3.80 € /m²/6 mois |
*Le prix moyen du mètre cube de l’eau pour un ménage consommant 40 m3 annuel retenu pour le calcul est de 3.50 €.
La législation et l’utilisation de l’eau de pluie
L'eau de pluie est impropre à la consommation. On ne peut ni la boire, ni faire la cuisine, ni même se laver avec cette eau, car elle est chargée en éléments polluants : sulfates, nitrates, et même en pesticides. Il est tout à fait légal de collecter sans contrainte les eaux pluviales à partir d'une toiture pour une utilisation à l'extérieur du domicile: laver sa voiture et arroser son jardin.
En revanche, la législation n'est pas la même pour une utilisation à l'intérieur du domicile : WC, lavage des sols, lavage du linge (à condition que l'eau soit traitée, son utilisation est toutefois déconseillée par l’Agence de sécurité sanitaire), et la réglementation visant à ne pas mélanger les deux origines de l'eau (eau de pluie et eau du réseau) est très restrictive. L'installation doit être dans l’idéal réalisée par un professionnel spécialisé. De plus cet usage doit être signalé à la mairie si l'évacuation est raccordée au réseau d'assainissement collectif.
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Guide écrit par:
Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne
Haut comme trois pommes, je travaillais déjà au jardin familial. C'est peut-être de là qu'est né mon intérêt pour les plantes et le jardinage. Il était donc logique pour moi de suivre des études à la fois en biologie végétale et en agronomie. Accédant à la demande de divers éditeurs, j'ai écrit en 25 ans de nombreux livres sur la thématique des plantes, des champignons (un sujet qui me tient à cœur), essentiellement des guides d'identification dans un premier temps, mais très vite aussi par la suite, sur le jardinage, renouant ainsi avec la première passion de mon enfance. J'ai aussi collaboré régulièrement à plusieurs magazines spécialisés dans le domaine du jardinage ou plus généralement de la nature. Comme il n'y a pas de jardinier sans jardin, c'est dans un petit coin de l'Auvergne que je cultive le mien depuis 30 ans et où je mets en pratique les méthodes de culture que je vous conseille.